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Friedensreich Hundertwasser

Friedensreich Hundertwasser

Friedensreich Hundertwasser (1928-2000), né Friedrich Stowasser, était un artiste-peintre, penseur et architecte autodidacte d’origine autrichienne. Sa passion pour l'eau le mena à bord du « Regentag » (Jour de pluie), un ancien navire marchand qu’il réaménagea avant de s’y installer.

Hundertwasser figure parmi les artistes inclassables. Son message demeure profondément, viscéralement écologiste. Il l’exprime au moyen de performances spectaculaires, de manifestes écologiques, artistiques et architecturaux. Il affirme notamment que, dans un habitat collectif, l'habitant est maître de tout ce qu'il peut atteindre de sa fenêtre, ce qui implique que le concepteur doive tenir compte des désirs de chaque utilisateur.

Marqué par un immense amour de la nature, précurseur des mouvements écologistes du vingtième siècle, il milite pour une société sans déchets. Il se soucie de « l'empreinte écologique » du citoyen et du citadin moderne. Dès lors, il réalise des maisons dont les toits sont recouverts de verdure et de végétaux, crée des immeubles avec des arbres aux balcons (l'arbre-locataire), conçoit des sols au niveau inégal. De plus, il encourage les propriétaires et les ouvriers à être créatifs et à apporter une touche personnelle à leur travail, par exemple au moyen de mosaïques. Il aime l'asymétrie et tout ce qui vient rompre l'ordre et la monotonie de la géométrie pure.

QUELQUES CITATIONS ÉPARSES

La spirale

Spirale

«La spirale se trouve exactement là où la matière inanimée se transforme en vie. Je suis convaincu que l'acte de la Création s’est fait sous forme de spirale.

Notre terre décrit le déroulement de la spirale. Nous tournons dans un cercle, mais nous ne revenons jamais au même point, le cercle ne se ferme pas, nous revenons seulement à proximité de l’endroit où nous étions. Ceci est typique pour la spirale qui, apparemment, est un cercle qui ne se ferme pas. La spirale authentique n'est pas géométrique, mais végétale ; elle a des renflements, parfois plus minces, parfois plus épais, et coule autour des barrières qui se dressent sur son chemin.

La spirale exprime la vie et la mort dans toutes ses dimensions. À l’extérieur elle se dirige vers la naissance, vers la vie et puis, par une dissolution apparente, dans le surdimensionné, dans l’extraterrestre, dans des zones non mesurables. Vers l’intérieur, elle se condense, par concentration, vers la vie et se transforme ensuite, dans de petites régions infinies, en ce que nous appelons la mort, mais cela dépasse notre perception limitée.

La spirale pousse et meurt végétale, c’est-à-dire que les lignes spiroïdales se déroulent à la manière des méandres des fleuves et suivent les lois de la croissance des plantes. La spirale ne force aucunement le déroulement, mais elle se laisse diriger. Par conséquent, il lui est impossible de commettre des erreurs.»

La dictature des lignes droites

«Nous vivons aujourd'hui dans le chaos des lignes droites, dans la jungle des lignes droites. Que celui qui ne veut pas le croire se donne la peine de compter les lignes droites qui l'entourent et il comprendra car il n'arrivera jamais au bout. (…) Cette jungle de lignes droites, qui nous enferment comme dans une prison, nous devons la supprimer.»

Chaussettes de Hundertwasser

Le droit à la fenêtre

«Un locataire doit avoir le droit de se pencher à sa fenêtre et de changer tout ce qu'il veut du mur extérieur, aussi loin que peut aller sa main. Et il doit avoir le droit de prendre un long pinceau et – aussi loin que peuvent aller ses bras – de tout peindre en rose, afin que l'on puisse voir de loin depuis la rue : là vit un être humain qui se distingue de ses voisins, le bétail frustré !»

«Certains disent que les maisons sont faites de murs. Je dis qu'elles sont faites de fenêtres.»

L’art véritable

«L'art véritable doit être expressif. L'art véritable doit donner aux choses une vie différente.»

Les Beaux-arts

«Les Beaux-arts doivent être beaux mais les peintres ne doivent pas forcément savoir peindre.»

L’analphabétisme

«Le véritable analphabétisme n'est pas dans l'incapacité de lire et d'écrire, mais dans l'inaptitude à créer.»

Le rêve et la réalité

«Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité !»

EXPOSITION DE QUELQUES OEUVRES

L'oeuvre de Friedensreich Hundertwasser est immense. Voici un petit aperçu de son style particulier, caractérisé par le foisonnement des formes organiques et la brillance des couleurs.

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  •  Oeuvre de Hundertwasser
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  •  Oeuvre graphique de Hundertwasser
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MANIFESTES

LA CRÉATION EST © COPYRIGHT

 Hundertwasser à Vienne

Copyright signifie que la création est protégée contre l’imitation, l’altération, la mutilation et la destruction, que l’œuvre de création soit labellisée © ou non.

Les amendes sont déjà sévères dans le cas de la violation du copyright pour des créations humaines alors que seul le créateur est affecté et qu’un nombre limité de personnes est concerné. Il s’agit d’un délit criminel.

Lorsque le copyright sur la création de la nature, dont dépend toute l’humanité, est violé, les enjeux ne sont pas mesurables et considérablement plus élevés, parce que c’est toute la vie sur terre et toute l’humanité qui est menacée.

L’homme est, depuis longtemps, la peste la plus redoutable qui ait jamais saccagé la terre.

A ce jour, les manipulations génétiques sont ce que l’homme a pu perpétrer de plus criminel et de plus insidieux.

Au lieu d’être les gardiens de la vie, des lois et des richesses sur terre, au lieu de respecter les limites de la barrière écologique pour que la terre puisse se régénérer, l’homme joue aux apprentis sorciers avec l’énergie nucléaire, les hormones, les poisons et la production de masse, l’aliénation psychologique, l’acceptation de l’esclavagisme dans la dépendance aux grosses corporations, la dictature de la laideur et une multitude de formes de destruction massive.

A présent, l’homme a l’arrogance de manipuler l’essence-même des organismes vivants qui dépendent les uns des autres dans un système formidable où tout est interconnecté, en équilibre et fonctionne parfaitement depuis les millions d’années.

Dans le domaine des manipulations génétiques, il n’y a pas de place pour la fonction suprême de la beauté de toute la création ni pour ses grandes et sublimes lois de l’harmonie.

Le dédain de la beauté, le profit et les avantages futiles à court terme en sont les seules motivations.

Atelier de Hundertwasser en Nouvelle-Zélande

L’homme n’a pas le droit de transformer l’essence de la vie alors qu’il en ignore totalement les conséquences à long-terme, bien au-delà de la durée de vie des individus.

L’homme détruit ses propres origines, son propre avenir, sa propre existence, laquelle repose sur une infinité de lois environnementales et génétiques en interaction précise les unes avec les autres. Chaque être vivant et toute manifestation de la vie sur terre, que ce soient les papillons, les fleurs, les arbres, les fruits, les champignons, les animaux – des microbes aux éléphants – remplissent une fonction qui dépasse de loin le seul fait d’être utiles à l’homme. Cela dépasse de loin l’entendement de l’homme.

L’homme présomptueux pense seulement en termes d’exploitation au profit de ses propres avantages éphémères et futiles.

Pour les manipulateurs génétiques, la nature et la création, qui devraient demeurer tabou, ne sont rien d’autre que de la matière première sans défense, juste bonne à se laisser accaparer et mutiler à volonté, sans qu’intervienne le moindre copyright limitatif inquiétant.

Dans sa convoitise, l’homme oublie qu’il est lui-même dépendant de ces merveilleux dons de la nature et de la création, qui sont en interaction délicate les uns avec les autres ; ils proviennent d’un trésor fantastique qui est hors de portée pour l’homme.

Si l’homme en vient à tuer la puissance qui le maintient en vie, si l’homme vandalise ce trésor grâce auquel il lui est possible de subsister sur la terre, il s’autodétruit.

A ce jour, de tous les suicides collectifs, les manipulations génétiques ont amorcé le plus stupide.

Hundertwasser

4 novembre 1999, Nouvelle-Zélande

(Traduction © Philippe Espagne)

Autres manifestes

Friedensreich Hundertwasser est l'auteur d'autres manifestes, dont plusieurs ont trait à l'architecture. Quelques-uns de ces textes sont accessibles en cliquant sur les images ci-dessous.

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Le médecin de l'architecture

Nos maisons sont malades et elles ont besoin d'être guéries.

 Friedensreich Hundertwasser

Contre le rationalisme en architecture

Chacun doit pouvoir construire son habitat de ses propres mains.

 Friedensreich Hundertwasser

La dictature de la fenêtre et le droit à la fenêtre

Pour la diversité et contre le racisme.